La ville du XXIème siècle est vue comme un endroit bouillonnant. Nous avons tous en tête l'image des artères d'une ville, noire de monde aux heures de sorties de bureaux. C'est un espace dense où tout va vite, où les gens sont pressés. C'est en tous cas ce qui ressort de l'imaginaire collectif. La ville a été l'objet de nombreuses études scientifiques, notamment par Georg Simmel (1858-1918), l'inspirateur de l'École de Chicago. Le sociologue allemand avait bien senti les effets de la ville sur la personnalité, et tous les resultats de ses travaux sur la ville sont encore d'actualité. Il décrit le citadin comme quelqu'un de perpétuellement stimulé, qui se protège des attaques visuelles et sonores en se blasant. Le citadin est donc sans cesse sollicité par des signes extérieurs auxquels il repond par l'indifférence.
Dans la ville, l'espace est investi jusque dans ses moindres recoins. Des tables de café ornées de publicitées aux simples panneaux d'affichages, des milliers de signes tentent d'attirer notre attention, de briser notre protection aux stimuli urbains. La majorité de ceux-ci sont de l'ordre de la publicité, tentant de faire consommer ceux qui y portent attention. D'autres, au contraire, sont là, visibles à ceux qui savent les saisir, et pourraient être rangés dans ce que l'on appelle l'art urbain. Nous le présenterons sous ces multiples formes. À travers de ce blog et à l'aide de différentes disciplines, nous nous efforcerons de cerner et de comprendre ce phénomène.